La politique nationale à l’épreuve du système d’information

DOI : 10.35562/arabesques.1082

p. 17

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Du projet SGBM à BSN 3, une contribution au débat par un membre de la commission Signalement et système d’information de l’ADBU.

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Mise en place lors du congrès de Toulouse, dans le cadre du processus d’intégration des missions de l’AURA, association du réseau des utilisateurs de l’ABES, la commission Signalement et système d’information de l’ADBU a pour objectif de coordonner l’action de ses membres sur les dossiers liés aux applications et modalités de traitement des données ainsi qu’à l’ensemble des services basés sur le fonctionnement en réseau. Ce principe d’organisation permet aux membres de l’ADBU de participer pleinement au comité de pilotage du projet de système de gestion de bibliothèque mutualisé (SGBM), piloté par l’ABES.

Un projet ambitieux et global

Cette initiative ne peut être envisagée comme une opération traditionnelle de ré-informatisation. Elle se distingue par un fort niveau d’innovation du fait de l’adoption possible d’une technologie hébergée « dans les nuages ». Sa mise en œuvre conduirait à une remise à plat des conditions de déploiement et de pratique de notre informatique de gestion. Elle laisse entrevoir de nouvelles formes de fonctionnement en réseau sur des activités actuellement cloisonnées, se situant au-delà du seul catalogage partagé. Cette situation implique une révision en profondeur du rôle de l’ABES, de son mode d’organisation et de relations avec les établissements. À l’heure de la gestion de données massives1, il s’agit également de déterminer un nouveau périmètre « national » pour une base connectée et enrichie, pivot des applications du futur SGBM. Les travaux du troisième segment de la Bibliothèque scientifique numérique sur le signalement (BSN 3), initiés en juin 2011, semblent représenter l’égide à l’ombre de laquelle situer toute réflexion de cet ordre. À ce stade, l’initiative globale BSN est marquée par un déficit de communication et des interrogations légitimes sur la cohérence et la capacité d’entraînement de l’ensemble du paysage de la documentation de l’enseignement supérieur et de la recherche. BSN 3 propose pourtant une feuille de route pertinente compte tenu des contraintes actuelles de diffusion de l’information scientifique et technique : promouvoir l’usage, la production et l’interopérabilité des métadonnées susceptibles d’appuyer la diffusion de contenus stratégiques. Sont entendues comme telles, les productions françaises et les données issues des licences nationales négociées dans le cadre de l’Initiative d’excellence de l’information scientifique et technique (ISTEX). L’accès libre et gratuit aux données, mais également au document primaire, doit de plus être privilégié. Le SGBM, adopté par un large réseau d’établissements, pourrait être un levier pour favoriser la mise en place d’un paysage français de la production et de la diffusion de métadonnées.

Pour une politique nationale concertée

Nous pourrions reprendre notre perspective de départ et considérer le projet SGBM comme une des conditions de BSN 3. Pour permettre aux établissements et à leurs réseaux d’être acteurs des données de la recherche autour, notamment, de la consolidation des référentiels, il convient de plaider vigoureusement pour que soient saisis de ces questions non seulement les services documentaires des établissements, mais également les directions de la recherche, les chargés de politique scientifique et les directions d’équipe et de laboratoire. Politiser l’enjeu d’une ré-informatisation, rouage du système d’information, c’est aussi à ce niveau que BSN 3 doit se situer en prônant un discours consolidé auprès de l’ensemble des décideurs. Les bases d’une politique nationale sont à refonder, comme en témoigne la rénovation du comité bibliographique national dans le cadre des débats sur RDA. Une telle politique ne peut se construire sans une étroite coopération entre l’ABES, l’INIST-CNRS, mais également la Bibliothèque nationale de France, dont la mission de coopération et d’expertise devrait être renforcée au profit de l’ensemble de la communauté documentaire. Cet enjeu trouve un écho dans la mise en œuvre, en 2012, d’une ouverture de l’ADBU à l’ensemble des organismes et établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche. La multiplicité des projets et des instructions en cours dénote l’intrication parfois complexe d’un système solidaire d’applications et de données. Dans le cadre de BSN 3, la direction que nous souhaitons prendre doit être claire et lisible pour tous, ce qui n’est pas encore le cas. Nous ne devons pas négliger notre devoir d’explicitation comme condition de réussite du travail collectif auquel nous invite le projet de SGBM comme tant d’autres défis à venir pour nos organisations.

1 Cf. concept anglophone de Big Data.

Notes

1 Cf. concept anglophone de Big Data.

Illustrations

References

Bibliographical reference

Grégory Miura, « La politique nationale à l’épreuve du système d’information », Arabesques, 70 | 2013, 17.

Electronic reference

Grégory Miura, « La politique nationale à l’épreuve du système d’information », Arabesques [Online], 70 | 2013, Online since 06 janvier 2020, connection on 19 octobre 2021. URL : https://publications-prairial.fr/arabesques/index.php?id=1082

Author

Grégory Miura

Membre du conseil d’administration de l’ADBU, Commission Signalement et système d’information

gregory.miura@u-bordeaux3.fr

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