Articulation ISNI-IDREF : un enjeu pour l’identification pérenne

DOI : 10.35562/arabesques.884

p. 11

Plan

Texte

L’identification pérenne dont il est question ici concerne les auteurs, qu’ils soient des personnes physiques ou morales. IdRef y est restreinte à ses deux référentiels « Personnes » et « Collectivités ». Cette perspective ne doit pas faire oublier qu’existent dans IdRef, reflet des données d’autorités du Sudoc, d’autres types de référentiels pour les sujets, les toponymes, les ressources documentaires, etc., et leur caractère tout aussi indispensable.

Au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche, la pression à évaluer et à valoriser la production bibliographique de la recherche apparaît en forte croissance depuis la fin de la décennie 2000. La visibilité, l’attractivité et la vitalité d’un établissement comptent parmi les enjeux majeurs liés à cette pression. Ceci met face à un défi de taille : comment les institutions peuvent‑elles mesurer la totalité de la production scientifique de leurs chercheurs avec la plus haute précision ? En effet, les obstacles à un recensement fiable et exhaustif sont nombreux : la même publication peut être diffusée sur plusieurs bases de données ; des formes différentes d’une même publication peuvent apparaître sur une même base de données ; la même information sur un chercheur spécifique peut être présente dans plusieurs bases de données ; un même chercheur peut apparaître sur des bases distinctes avec des informations partiellement différentes ; les bases de données peuvent ne pas interagir ou n’interagir que partiellement les unes avec les autres. Semblables situations ne sont pas rares et forcent invariablement à dresser le constat de la perte de temps, d’énergie et d’information.

Des liens consolidés entre les ressources et leurs auteurs

Au cours de ces dernières années, l’Abes, comme bien d’autres acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche, a observé cette évolution et a progressivement été conduite à étudier les moyens de faciliter pour les chercheurs et les institutions la mesure fidèle et précise de leur production scientifique. À l’instar d’un certain nombre d’initiatives internationales actuelles et avec déjà quelques années d’expérience, l’Abes a placé sa réponse sous un éclairage particulier tant du point de vue technologique que stratégique : la recherche de fiabilité et d’exhaustivité passe par la construction de référentiels d’auteurs et par l’attribution d’identifiants uniques et pérennes, afin de générer des liens consolidés entre les ressources et leurs auteurs. L’application IdRef est l’une des réalisations tangibles de ce choix. Que l’on soit un internaute lambda ou un professionnel, que l’on soit un moteur de recherche ou une application documentaire (Calames ou Star), il est possible d’identifier et de lier un contributeur et sa production dans les catalogues de l’Abes, à partir des identifiants uniques et pérennes qu’elle propose (voir par exemple : Théodore Monod, www.idref.fr/027035166).

En fait, on retrouve ici une pratique traditionnelle des bibliothèques : la constitution du fichier d’autorités assurant le contrôle des variantes de nom d’un même auteur et la désambiguïsation des auteurs homonymes ; laquelle est soutenue par les standards les plus récents du web sémantique visant à décloisonner les silos bibliographiques pour produire recoupements et associations d’informations relatives aux producteurs et aux productions scientifiques.

Des passerelles pour garantir l’interopérabilité

D’autres acteurs et d’autres initiatives semblables apparaissent par ailleurs, dont l’ISNI1. Loin d’être antagonistes, les différents référentiels construisent un écosystème qui donne chair au web de données. Tandis qu’un identifiant unique au sein d’un référentiel unique est voué à l’incomplétude, à l’isolement et/ou à l’obsolescence, l’interopérabilité et l’alignement des différents référentiels ouvrent des perspectives nouvelles pour la qualité des catalogues et pour l’offre de services aux usagers.

De façon très concrète, un chercheur français référencé dans les systèmes Sudoc ou thèses.fr et disposant d’un identifiant IdRef n’aura pas à se soucier de sa visibilité internationale puisque l’existence d’une passerelle à double sens entre les deux référentiels lui permettra de se voir attribuer un identifiant ISNI utilisé à son tour comme passerelle vers d’autres systèmes bibliographiques qu’ils soient publics ou privés. Notons que cette solution est déjà à l’œuvre : l’Abes et la Bibliothèque nationale de France, en tant qu’agence d’enregistrement, ont travaillé ensemble au déploiement des identifiants ISNI dans IdRef et ont commencé à tester de prometteurs alignements ISNI‑IdRef.

1 Cf. article précédent.

Notes

1 Cf. article précédent.

Citer cet article

Référence papier

François Mistral, « Articulation ISNI-IDREF : un enjeu pour l’identification pérenne », Arabesques, 76 | 2014, 11.

Référence électronique

François Mistral, « Articulation ISNI-IDREF : un enjeu pour l’identification pérenne », Arabesques [En ligne], 76 | 2014, mis en ligne le 13 août 2019, consulté le 30 novembre 2021. URL : https://publications-prairial.fr/arabesques/index.php?id=884

Auteur

François Mistral

Abes

mistral@abes.fr

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