Ouverture sur le web et vers les utilisateurs

DOI : 10.35562/arabesques.1405

p. 12-13

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Author's notes

Toutes les nouveautés présentées dans cet article sont détaillées dans le blog technique de l’ABES. http://punktokomo.abes.fr

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« Faites que votre tableau soit toujours une ouverture au monde »
Léonard de Vinci

Chaque année, la présentation des « actualités de l’ABES » est un moment très attendu des participants. C’est l’occasion pour eux de se tenir informés de l’avancée des grands travaux de l’Agence, et surtout de découvrir en quoi ces avancées vont améliorer leur travail sur les applications qu’ils utilisent au quotidien.

Au travers des différents exposés proposés, il est clairement apparu que l’ABES travaille à lever les contraintes techniques qui restreignent l’usage de ses applications, et à faire évoluer le format des métadonnées pour les exposer plus largement. En appliquant à ses nouveaux chantiers des objectifs d’interopérabilité des applications et d’ouverture des données sur le web, l’ABES confirme ainsi sa volonté de proposer « des services bruts permettant aux établissements, dans le respect de leur autonomie, de construire des outils adaptés à leurs besoins en réutilisant les données gérées par l’ABES » (extrait du projet d’établissement de l’ABES 2008-2011).

Travailler dans le Sudoc, mais autrement

Pour les collègues qui travaillent dans les bibliothèques, la présentation sur les API (Application Programming Interface) a démontré en quoi le travail autour du Sudoc allait être grandement facilité. Ce qui sous-tend ce projet, c’est la volonté de développer des solutions alternatives aux outils et aux formats de données « historiques » du catalogue Sudoc. En dupliquant dans un format XML les données bibliographiques et d’autorité, on facilite leur compréhension, donc leur utilisation, par d’autres programmes. En ayant recours à des interfaces de programmation, plus souples, ergonomiques et conviviales, on facilite les usages que les utilisateurs avaient des applications traditionnelles, on les enrichit même souvent. En utilisant IdRef, par exemple, les bibliothécaires du Sudoc peuvent désormais s’affranchir de l’outil de catalogage WinIBW pour rechercher et consulter des notices d’autorité, et les usagers professionnels des réseaux Star et Calames peuvent en créer, sans rien connaître du format Unimarc, ou presque.

C’est aussi grâce à une API que les coordinateurs locaux du Sudoc ou les responsables des centres régionaux du Sudoc-PS peuvent désormais réaliser eux-mêmes leurs propres catalogues de ressources continues, en utilisant « Self-Sudoc ». Et c’est grâce à d’autres API-Sudoc que le service d’exemplarisation automatique de l’ABES peut répondre plus rapidement aux demandes qui lui sont faites, qu’une notice décrivant la thèse est automatiquement créée dans le catalogue (avec sa notice d’exemplaire) dès lors qu’elle est validée dans Star, ou que le pôle métadonnées de l’ABES peut, avec l’utilisation du serveur Solr d’indexation et de recherche (qui offre plus de 2000 index de recherche interrogeables) lancer des chantiers de grande envergure sur le contrôle de la qualité des notices.

Disposer des métadonnées pour se les approprier

Améliorer le confort d’utilisation de ses applications n’est pour l’ABES que le pendant d’une autre ambition : celle d’offrir aux établissements (et au-delà, à quiconque) les moyens d’utiliser les métadonnées elles-mêmes, sans forcément recourir aux applications qui les encapsulent. Il s’agit, notamment dans la perspective du web sémantique, d’exposer les métadonnées dans les formats qui les rendent les plus largement exploitables.

Les métadonnées du Sudoc étaient déjà exposées via le protocole Z39.50 ou WorldCat. Elles le sont désormais en RDF : à chaque notice du Sudoc est associée une URL pérenne, qui renvoie soit une page HTML pour les moteurs de recherche classiques, soit une page RDF pour le web de données. Bientôt, ce sont également les métadonnées de toutes les thèses (pas uniquement celles de Star) qui seront exposées en RDF, et en XML.

Dans la logique de cet affranchissement des applications-mères, l’ABES met également en place des « micro web-services », pour répondre aux besoins spécifiques des établissements.

Besoin d’intégrer dans votre site web un outil permettant de lister les bibliothèques possédant un document ? Le micro web-service « SudocWhere » permet aux établissements qui le souhaitent de disposer d’une réponse (= une liste de bibliothèque) à une question donnée (un numéro PPN de notice bibliographique).

Besoin d’afficher, dans une application locale, la liste des documents liés à un enseignant-chercheur ? Le micro web-service « Biblio » permet aux établissements d’afficher dans leur propre environnement une liste de documents, ventilés par les différents rôles que cet enseignant aura tenu (auteur, préfacier, etc.).

Une connexion au monde entier

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Philippe Manac’h. philippe.manach@demenagermonentreprise.com

Adapter les applications à son environnement

Permettre à chaque établissement membre d’un réseau de s’approprier les services et les produits mis à sa disposition a toujours été une démarche constante de l’Agence. Si cela va s’appliquer de plus en plus aux applications dites « de production » (Sudoc, Calames, IdRef, Step), c’est déjà le cas pour les applications « supports », celles proposées aux réseaux pour les aider dans leur travail courant. Lorsqu’il fût question de créer un nouveau guichet d’assistance, de refondre le système de pilotage Webstats, de proposer un nouveau dispositif de formation, ou de créer son nouveau site web, l’ABES a toujours cherché à développer des solutions globales et identiques, pour lesquelles chaque réseau dispose d’une vue spécifique. Ainsi, alors qu’ABESstp propose à tous la même interface et les mêmes fonctionnalités, chaque réseau n’exploite que les données qui lui sont consacrées. Pour Webstats, la personnalisation offerte est enrichie d’un accès par profil, pour répondre aux besoins spécifiques des directeurs de bibliothèques en matière d’exploitation des statistiques.

Pour les usagers finaux de nos applications, les étudiants, enseignants et les chercheurs, qui disposent d’environnements de travail et d’outils qui leur sont très familiers, la facilité d’appropriation des outils est une exigence prioritaire. L’outil sera jugé bon s’il est rapidement pris en main et s’il s’adapte rapidement à leur univers. L’ABES, pour ses applications « de consultation » ne pouvait pas ignorer ce critère, et s’est également lancé dans le développement de versions « pour applications mobiles » de ses catalogues.

Le site « Signets des universités » et le catalogue Sudoc disposent déjà de ces versions, avec bien sûr des fonctionnalités allégées (pour le Sudoc : cartouche de recherche simple, affichage d’une liste de résultats, affichage détaillé d’un résultat avec ses localisations).

Et depuis très récemment, ce sont « these.fr » et le site web de l’ABES qui peuvent être consultés depuis un mobile.

L’histoire ne dira jamais si Léonard de Vinci aurait fait un bon directeur de l’ABES !

En tout cas, tous à l’ABES partagent sa volonté de s’ouvrir au monde. Il ne s’agit pas d’art, mais de techniques et d’ambition. Et il ne s’agit plus d’histoire, mais de réalité.

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Une connexion au monde entier

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Philippe Manac’h. philippe.manach@demenagermonentreprise.com

References

Bibliographical reference

Laurent Piquemal, « Ouverture sur le web et vers les utilisateurs », Arabesques, 64 | 2011, 12-13.

Electronic reference

Laurent Piquemal, « Ouverture sur le web et vers les utilisateurs », Arabesques [Online], 64 | 2011, Online since 25 octobre 2019, connection on 06 décembre 2021. URL : https://publications-prairial.fr/arabesques/index.php?id=1405

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Laurent Piquemal

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CC BY-ND 2.0