06 | 2026

DOI : 10.35562/bacage.1411

ISBN : 978-2-37747-612-1

Édito

La parution du sixième numéro du Bulletin des Arrêts de la Cour d’Appel de Grenoble (BACAGe) porte sur une sélection des arrêts ayant été principalement rendus par les différentes formations de jugement de la cour d’appel de Grenoble sur le second semestre de l’année 2025 dans l’ensemble des contentieux relevant du droit privé et pénal. Comme à l’accoutumée, ce nouvel opus du BACAGe comporte des commentaires sur les décisions sélectionnées sur cette période mais également une étude spéciale d’envergure. Celle‑ci porte sur tous les arrêts rendus en 2023 et 2024 par la chambre des affaires familiales relativement à l’exercice exclusif de l’autorité parentale.

Cette étude dans le champ du contentieux familial se prolonge dans un commentaire illustratif du traitement judiciaire réservé aux hypothèses de pluri‑parentalité. Cette contribution met particulièrement en évidence les limites de notre droit positif dans l’appréhension des mutations qui affectent la conception que nous nous faisons de la famille. Au‑delà du contentieux familial, le champ des personnes vulnérables est également représenté dans plusieurs commentaires, qu’il s’agisse de s’interroger sur les motivations ayant conduit les juges à refuser une habilitation familiale alors que tous les proches de la famille de la personne vulnérable s’entendaient pour une telle mesure, ou d’examiner les conséquences du refus de la personne vulnérable de se soumettre à un examen médical en vue de l’ouverture d’une mesure de protection. La responsabilité civile est aussi à l’honneur de ce sixième numéro du BACAGe avec des commentaires consacrés à deux arrêts rendus par la cour d’appel de Grenoble relatifs à l’obligation de sécurité mise à la charge de l’exploitant d’un domaine skiable, à la chance quasi nulle qu’une action en responsabilité a de prospérer quand le demandeur ne peut prouver l’intention de nuire du défendeur, ou encore à la possible mise en cause du dirigeant d’une société qui, non qualifié, fait pratiquer une cryolipolyse par une collaboratrice ne justifiant pas des compétences et qualifications exigées par la loi. Le contentieux des troubles anormaux du voisinage illustre la résistance de la matière à l’approche du droit par le risque, tandis que deux décisions rendues dans le champ du droit de la consommation nous rappellent que, s’il est récurrent que les contrats de vente de panneaux solaires soient rédigés de manière peu scrupuleuse, encore faut‑il, pour obtenir leur annulation, que l’épreuve de la prescription soit passée avec succès. L’échec sur ce terrain est redoutable pour les particuliers qui, en tant que consommateurs, doivent redoubler de vigilance, sans que leur qualité de partie faible au contrat ne soit d’un quelconque secours. Plus largement, ce numéro du BACAGe comporte de nombreux commentaires ayant trait au droit des contrats, au droit immobilier, au droit du travail, avec un arrêt très intéressant relatif à la reconnaissance du caractère professionnel du cancer du côlon, et dont l’avenir nous dira s’il s’agit d’un cas d’espèce ou d’un contentieux émergent, mais aussi au droit des biens, avec deux études ayant trait aux servitudes, ou encore au droit bancaire. La procédure est également à l’honneur avec une belle étude consacrée aux mesures d’instruction in futurum en matière de concurrence déloyale. En matière pénale, le choix a été fait, pour ce numéro, de laisser la plume à deux étudiantes du Master de droit pénal et de sciences criminelles achevant leur cycle d’études cette année, car le BACAGe doit aussi permettre à celles et ceux qui aspirent à une carrière dans la magistrature, l’avocature, ou dans la police ou la gendarmerie, de pouvoir, par l’analyse de décisions de justice, s’exercer à cet art difficile du commentaire. Si l’équipe de droit pénal est heureuse d’avoir cédé sa place à ces deux étudiantes dans ce numéro, elle a néanmoins hâte de revenir au complet pour le prochain !

Nous vous invitons donc, chères lectrices et chers lecteurs, à explorer l’ensemble des études et notes de ce nouveau numéro en espérant que vous y trouverez, vous aussi, un intérêt certain à leur lecture. En attendant de vous retrouver dans le prochain numéro qui paraîtra au mois de décembre 2026, nous vous souhaitons de belles lectures et de belles vacances estivales !

Ingrid MARIA et Yannick RATINEAU, co‑directeurs du BACAGe

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